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Wendy (NUA Dalmatian)
Vétérinaire praticien, séduit par l'intelligence et le caractère des Dalmatiens dans le film de Walt Disney, j'ai acquis mon premier Dalmatien (Ivan de l'Echo des Mauges) en 1973 lorsque j'ai commencé mes études à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse.
Depuis, je suis resté fidèle à la race de façon à défendre ces traits de caractère. Convaincu de l'intérêt du "Back-Cross project" (sur Google : luadalmatians), j'ai acquis récemment Stocklore Forrest Windsong ("Wendy") élevée aux Etats Unis ( pedigree : voir en bas de la page document PDF), par le Docteur R. Schaible. Wendy , née le 14/01/2008 est hétérozygote pour le gène SLC2A9 normal. Elle est entendante bilatérale, non porteuse du gène lemon. Sa radiographie des hanches : est classée"A" et sa denture est complète. Wendy est inscrite au LOF à titre initial, le livre d'origines de l'UKC n'étant pas reconnu par la FCI ( Il est à noter que 98% des Dalmatiens de la lignée lua sont enregistrés au livre de l'AKC, reconnu par la FCI.) Le projet est soutenu par des spécialistes de renom, le Docteur D. Bannasch qui a découvert le gêne SLC2A9, et le Docteur Osborne, urologue, de réputation internationale.
I - Défendre une race est un défi ethique
L' Amateurisme (au sens étymologique du terme) implique, à mon sens, de prendre en compte les défauts présents au sein de la race et de travailler à les amender et ce, avec une priorité pour les affections d'origine génétique invalidante. Lors de la fondation de la race, la sélection excessive sur certains critères peut conduire à divulguer des mutations délétères. Chez le Dalmatien, la surdité liée au manteau blanc (gène sw) et l'urolithiase (gène SLC2A9) sont pour là pour nous le rappeler ! Notre devoir n'est-il pas de corriger les erreurs du passé ?
L'urolithiase constitue une affection à laquelle un certain nombre de mâles (25 % à peu près selon les études du Dr Bartges 2006) paient un lourd tribut notamment sur le plan chirurgical. Des cas d'euthanasie, de la part de propriétaires reculant devant des dépenses, m'ont été rapportés.
Si elle apparaît le plus souvent lors d'erreurs diététiques ou d'une hygiène de vie défectueuse, il est indéniable que la prévention de l'urolithiase impose des contraintes que bien des maîtres ne veulent ou ne peuvent suivre.
II - Le patrimoine génétique du Pointer utilisé en 1973 représente désormais moins de 0,05 % chez les Dalmatiens Lua puisque nous en sommes à la 13° génération !
Ainsi le Dr Osborne a pu écrire que " c'est un petit prix à payer pour lutter contre l'urolithiase". La poursuite du projet par croisement réduira le reliquat des gènes du Pointer à l'état infinitésimal.
Le Pointer a été très souvent utilisé avec profit pour la retrempe de certaines races.
Des études génétiques récentes (Parker et al. 2007 - Leroy et al. 2008) basées sur l'étude de marqueurs moléculaires permettent de regrouper les races en fonction de leurs origines communes. Ainsi le Dalmatien et le Pointer appartiendraient au même groupe. Nous savons aussi maintenant que la thérapie génique qui consiste à réintroduire le gène par manipulation moléculaire est une voie sans issue, aussi est-il logique de tenter de réintroduire un gène par croisement, méthode qui a fait ses preuves.
III - Les arguments des opposants au projet sont réfutables :
III - 1 - La formation de calculs dépendrait de facteurs d'inhibition La caution du Dr C. A. Osborne pour le projet est une référence. Le fonds du problème est la sursaturation de l'urine en cristaux d'urates. Facteurs alimentaires et hygiéniques favorisants : . Régime alimentaire inapproprié . Baisse de la quantité d'urine émise par défaut . Stase urinaire par vidange insuffisante de la vessie Mode de formation des calculs : 3 "théories" : 1 ° Précipitation spontanée du fait de la sursaturation de l'urine 2° Nucléation des cristaux en présence d'une matrice protéique initiatrice Certaines protéines particulières ( uromucoïde, protéine De Tamm Horsfall) peuvent constituer le noyau de calcul mais elles ne sont pas toujours retrouvées lors de calculs ; des débris cellulaires peuvent jouer le même rôle. 3° Théorie du défaut de facteurs inhibiteurs de la formation de calculs : Différentes substances inhibant la formation des calculs feraient défaut (néphrocalcine, pyrophosphates, citrates, etc...) ; leur nombre témoigne de la diffculté d'affimer leur rôle déterminant... Certains Glycosaminoglycanes, bloquant l'adhésion des cristaux sur la muqueuse se trouveraient en quantité insuffisante chez certains Dalmatiens excrétant des calculs (CARVALHO, Urology, 2003). En somme, le facteur primaire est la sursaturation bien qu'existent des facteurs secondaires difficiles à cerner, au rôle hypothétique. Attaquons-nous au facteur primaire, la sursaturation en urates !
III - 2 - Impossibilité d'éradiquer l'affection à partir de la seule lignée Lua
IL N'EST PAS QUESTION D'ERADIQUER l'affection mais de réintroduire un gène avec modération et vigilance. Il s'agit, à mon sens, maintenant, de marier les Lua avec des Dalmatiens européens de façon à retrouver une variabilité génétique correcte. Continuer uniquement sur la lignée originelle et notamment sur les homozygotes UU de cette lignée a ses limites. La collaboration internationale est indispensable pour donner corps à l'initiative pertinente et courageuse du Dr Schaible. Nous travaillons pour les décennies à venir. Le temps sera seul juge !
III - 3 - Risque d'introduction de nouvelles maladies génétiques
La consanguinité de la lignée Lua est telle que d'éventuelles maladies génétiques dues à des gènes délétères récessifs seraient déjà apparues puisque le backcross date de 1973. Tant aux USA qu'en France, le Pointer, en matière de maladies génétiques fait partie des races caractérisées par un excellent statut. Considérons en France les maladies citées dans la littérature (parfois une maladie est citée pour une race alors qu'il s'agit d'un cas clinique isolé - prenons l'exemple de la cardiomyopathie dilatée chez le Dalmatien). 90 % des Pointers sont indemnes de dysplasie, résultat identique à celui du Dalmatien. L' hypothyroïdie de même que l'atrophie rétinienne progressive n'est présente que dans un très petit nombre de lignées connues. La surdité et la myopathie n'existent pas.
III- 4 - Spotting supposé "défectueux" des Dalmatiens Lua
Un opposant au projet écrit : "Devons-nous abandonner la seule caractéristique du Dalmatien (le spotting) pour résoudre un problème qui n'atteint qu'une minorité de la race ? Les qualités premières d'un Dalmatien ne sont-elles pas le CARACTERE, la construction et son superbe trot? Les taches des Lua sont peut-être un peu plus petites mais restent conformes au standard. La tendance actuelle est de primer des chiens à tâches de taille supérieure à celle mentionnée dans le standard (overspotted). Un certain nombre de Lua présentent des taches "givrées" (frosty) c'est-à-dire que les taches noires présentent un halo périphérique de poils noirs mêlés de blanc ; en français, ces taches sont appelées "taches-buvard". Ces taches s'améliorent avec l'âge. Ces taches-buvard n'étaient pas rares chez les Dalmatiens en général, dans les années 1970 . Cela reste un défaut mineur, améliorable par la sélection. On remarque chez un certain nombre de Lua, notamment au niveau de la tête, des taches parsemées de poils blancs, quelque peu grisonnantes. Cette particularité ne se retrouve pas chez tous les Lua ! Selon le Dr Bannasch, un rapport semble exister entre le gène SLC2A9 et la recherche de taches bien marquées chez le Dalmatien. Le contrôle de la vitesse de migration des cellules pigmentaires est vraisemblablement dû à un (ou plusieurs) gène susceptible de se trouver sur le même chromosome que le gène SLC2A9 (Dr Schaible). La corrélation entre ce (ou ces) et le gène SLC2A9 ne semble pas fonctionnelle mais liée à leur probable transmission simultanée du fait de leur proximité sur l'ADN. Voilà qui peut expliquer l'influence avérée de la sélection.
III - 5 - Les Dalmatiens Lua auraient une épaule droite
Le standard du Pointer précise : "les épaules sont longues et obliques..." Cette critique est parfaitement injuste.
CONCLUSION :
La moitié des membres de l' AKC reconnaît l'intérêt du projet qui, mené avec circonspection par des personnes avisées, est porteur d'avenir. L'obtention de Lua après croisement avec des Dalmatiens européens ou AKC, permettra de diffuser lentement le gène SLC2A9 , sans les risques inhérents à la consanguinité. Tester dans chaque pays membre du WAFDAL un échantillon de Dalmatiens issus de lignées où l'urolithiase semble peu fréquente serait utile pour le cas très hypothétique où le gène sauvage existerait en dehors de la lignée Lua du Dr Schaible. En effet, le Dr Bannasch a testé seulement 300 Dalmatiens AKC.Le testage est eb cours au Royaume Uni. Le DCF finance le test pour 10 Dalmatiens.
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